Satirical fictional letter to Jacques Brel

Cher Jacques,

Félicitations ! Ta chanson ” Ne me quitte pas ” est devenue un succès énorme. Tu fais sentir ta douleur … en utilisant la veine ensorcellante de Maurice Ravel, comme dans son ” Boléro “, où tu gardes le même refrain et le même ton calme, mais la colère en plus, dans tes mots. Et tu te protèges d’une manière si poignante en me demandant à plusieurs reprises de ne pas te quitter, à en devenir fou de rage. Ta chanson nous ravit, mais en même temps, elle a plongé le poignard dans le coeur de notre conte de fées. Si seulement tu n’étais pas si lâche. Pourquoi n’as-tu pas pu exprimé tes craintes et tes émotions dans la vie réelle, au lieu de me faire passer pour un citoyen banal? Comme ta stupide maîtresse, qui a voulu exploiter ta gloire et ta réputation ? Tu sais que je ne me suis jamais soucié de telles choses. Je t’ai simplement aimé. Et toi, tu … tu as seulement été amoureux du romantisme, du simple fait ” d’être amoureux “. L’annonce de notre ” enfant d’amour ” s’est avérée trop pesante pour toi. J’ai aussi eu peur. Mais tu étais un enfant, jouant à être un homme. Ma fierté ne m’a pas permis de porter les ombres que tu décrivais dans ta chanson. Et comment oses-tu inclure mon chien adoré dans ta chanson pitoyable…? ” Laisse-moi devenir l’ombre de ton ombre, l’ombre de ta main et l’ombre de ton chien. ”

Tu exprimes ta colère et ta confusion tout en me priant de ne pas te quitter. La vérité est que tu n’étais jamais complètement là dans notre relation d’amour. J’étais un jouet pour toi, un joyau à chérir dans le secret … mais tu ne m’as jamais vraiment aimée comme un homme devrait aimer une femme. Je sais que je dois te sembler amère. En vérité, je ne le suis pas. Je me sens finalement libre de devenir la femme que je suis … libérée de cet homme immature qui me détruisait avec ses émotions toujours changeantes et extrêmes. Tant d’apitoiement sur soi-même, tant de colère et d’indifférence soudaine ! Non, notre ” enfant d’amour ” n’a aucune réalité et il n’existera jamais. J’aime ma chambre sans berceau. Pourquoi n’écrirais-tu pas une nouvelle chanson, Jacques ? ” la chanson des vieux amants … “?

Ne me quitte pas …
ne me quitte pas …
ne me quitte pas …
ne me quitte pas …
Assez !

Je ne t’ai jamais quitté … parce que je ne t’ai jamais eu.

Entendons-nous : tu ne me parles pas – et je ne te parle pas. C’est mieux comme ça. Tu peux maintenant écrire toutes les chansons que tu veux de notre amour perdu et devenir ainsi encore plus riche et plus célèbre.

Et je me contenterai d’épouser le plombier ou le charpentier.

Je pourrai alors chérir mes enfants, des enfants conçus avec amour.

J’aurais d’utiliser ce subjonctif que tu aimais tant, je regrette de ne pas y avoir pensé plus tôt!

Penses-y,
Zizou

(from my novel “The Stalker: tale of a French Bitch”)

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