New painting in progress: Entre Nous et Eux

HERE IS A SNEAK PREVIEW OF A NEW PAINTING-IN-PROGRESS: “ENTRE NOUS ET EUX”, based in part on my book of the same name:

“Entre Nous et Eux”, oil on canvas, 90×65 cm. is about keeping a frozen smile and trying to remain “politically correct” in a Western world that is literally under “cultural attack” by the sheer numbers of refugees and immigrants, and Western countries’ relative naivité and unpreparedness for multiculturism. It is therefore that the background resembles the Norwegian, Czech, Russian, French, Dutch, British, US etc. flags with the red, white and blue colours … but which are are increasingly inundated with falling leaves which eventually become foreign in colours/elements — and with us all competing for celebrity, money, resources, ideologies and power etc. It symbolises an irreversible shift in cultural and social values and traditions, and the tensions churning and burning underneath. It is about the new “n-word” which is socially and legally forbidden to express in public forums. The penalty is being stamped as “a racist”, and prosecution.

Excerpt from the book:

1. LA MARELLE.
Un est un nombre,
complet en lui-même,
que l’on utilise sans cesse …
même pour jouer au Pokémon Go.
Le premier obstacle
est le test d’un pédophile :
avec force sourires et gentillesses,
il m’appâte en m’offrant
un jeu de Pokémon rare.
Non merci, non merci …
me dis-je en moi-même,
je préfère jouer à la marelle,
sauter sur la troisième case
c’est bien plus tentant
on ne se laissera pas dupés
par ce genre de bonhomme.
Oh attention, il faut éviter les fissures
sinon, paf, on risque de tomber
et de se retrouver …dans l’Irak en feu!
Quatre et cinq : shhhh … ne me troublez pas
Ah, j’allais oublier, il y a classe de ballet
si nous l’écoutons, nous nous jetons
carrément sur les mines plantées par Daesh.
Il nous guette toujours, en salivant,
Sixième case: je le regarde
du coin de l’oeil, et voilà que
nous nous trouvons
face à face avec un soldat
qui veut nous forcer à l’épouser
nous qui n’avons que huit ans!
“Pas le temps !” je crie, la voix rauque
on se trouve déjà sur la sept …
Tiens, ma mère me sonne
sur l’i-Phone, pour me dire
que le dîner sera prêt à six heures.
“Oui, maman, ne t’en fais pas
je ne serai pas en retard”
dis-je toute haletante.
Nous approchons déjà
de la dix, puis de la onze.
“Monsieur, vous voyez bien que
nous sommes occupées,” lui fais-je
et, las, il s’en va.
Je prends enfin le bus 92,
toute en sueur, mais contente,
et rentre bien gentiment à la maison.
Les adultes n’imagineraient
jamais quels dangers nous guettent
tous les jours dans Paris.
Mais à quoi bon les effrayer!
Moi je sais me défendre,
dès que j’ai vu ce type,
j’ai su à qui j’avais à faire.

2. PRIVILÈGES.
Je me suis senti blessé, carrément humilié
lorsque avant-hier, après l’école,
tu as dit que j’étais un bâtard, simplement
parce que je ne connaissais pas mon père.
Quand je me suis plaint à la maison, on m’a conseillé
de faire preuve de compréhension et de compassion
car les autres n’étaient pas aussi privilégiés que moi.
Comment cela privilégié? Nous allons à la même école,
nous portons les mêmes beaux uniformes, et
nos professeurs nous traitent tous de la même façon …
Après tout, c’est vrai que je suis privilégié —
car moi j’ai deux mamans merveilleuses,
et toi, mon vieux, tu n’en a qu’une.
Ah, j’ai compris, tu m’as traité de bâtard
à cause de la couleur de ma peau,
parce que je suis un sang-mêlé?
C’est donc cela, tu te sens privilégié
par le fait que tu es blanc, et pas moi.

3. LE HIJAB.
Alors que mes copines françaises apprenaient les faits de la vie, la
sexualité entre autre, moi, j’écoutais notre imam parler de
l’importance de porter le hijab. Tandis que mes amies se prêtaient des
rouge à lèvres, on me montrait comment utiliser le crayon pour me
maquiller les yeux à la mode musulmane.
Je ne regarde plus les photos Instagram des célébrités, ni les
sites glamour. Je ne cherche même plus «l’homme de mes rêves”, car mon
futur mari sera choisi par mes parents, celui-ci devra, bien entendu,
être un bon musulman, et moi, par respect, je devrai porter le hijab.
Mais ce qui me chagrine le plus c’est lorsque je me regarde dans le
miroir, sachant que mes copines vont s’acheter de jolies choses en
ville, pour se faire belles.
J’ai lu que les féministes d’autrefois jetaient leurs soutien-gorge au
feu. Je suis fière d’être musulmane. Mais parfois, je rêve aussi de
brûler mon hijab.
Et parfois, je me sens honteuse.

4. QUESTION DE COULEUR.
Mes camarades de classe prétendent qu’ils “ne voient pas la couleur”
quand ils regardent les gens … et qu’ils ne sont pas racistes. Ils
font très attention à ne dénigrer personne, ne soulignant pas que les
Asiatiques ont les yeux en amande, que beaucoup d’Africains ont de
grosses lèvres, que certains Juifs ont des nez crochus ou que les
Noires américaines ont de larges hanches. Mais leur chauvinisme
transparaît dès qu’ils ont une cigarette américaine au bec, ou
lorsqu’ils évoquent les organes sexuels surdimensionnés, ou
prétendument tels, des Noirs, la sensualité des femmes asiatiques, ou
celle des latino-américaines, voire, lorsque, du coin de l’oeil, ils
jaugent la petite française boulotte aux cheveux blonds et aux yeux
clairs, assise au fond de la classe.
Ils ne voient pas la couleur ou la race, disent-ils. Et ainsi, ils ne
voient pas non plus mes traits, ni ma particularité de Vietnamien. En
fait, ils ne me voient pas du tout, car je suis d’un blanc cassé
qui est très différent du leur.
Les couples mixtes – femmes asiatiques et hommes blancs ou noirs –
sont aujourd’hui monnaie courante. Par contre, moi, le Vietnamien, je
sais qu’il me sera beaucoup plus difficile de trouver une femme
blanche qui ne cherchera, tout au plus, que mon amitié. Cela me rend
parfois triste.

5. LES ENNUIS.
Pourquoi ai-je toujours des ennuis à la maternelle ?
On nous a demandé ce que nous voulions être quand nous seront grands.
Jacques veut être policier, comme son père. Henri veut être pompier.
Marc veut être pilote, ou avocat. Omar veut être imam. Et Charlie veut
être officier de marine.
Charlie est mon meilleur ami à l’école, et nous jouons à la guerre
tout le temps. Je me suis senti fier de crier : «Et, moi, je veux être
soldat, … auprès d’ISIS !” Nous avons continué à discuter jusqu’à ce
qu’on nous dise d’aller jouer à l’extérieur. Tous, sauf pour moi. On
m’a conduit directement au commissariat, tandis que des policiers
armés fouillaient ma maison.
Pourquoi ai-je toujours des ennuis ? !!

6. LES ENFANTS VOUDRAIENT.
… Et les enfants des écoles du septième arrondissement voudraient:
que La France ressemble davantage aux les Etats-Unis d’Amérique!
Ils ont inscrit aux pieds de la statue gigantesque que nous leur avons
offerte les mots suivants: “Donnez-moi vos pauvres, ceux dont les
visages sont émaciés et qui ont les mains calleuses, donnez-moi tous
ceux, venus des quatre coins du monde, qui aspirent à la liberté.”
En France, nous avons beaucoup de gens qui sont pauvres, épuisés par
un travail harassant et qui aspirent à une plus grande liberté – ce
sont des gens de tous âges, races et religions.
Nous possédons en France deux modèles de la Statue de la Liberté. Mais
nous ne pouvons plus accueillir ces milliers de réfugiés qui frappent
à nos portes, ces victimes de guerres effroyables et ces chercheurs de
fortune, car nous avons de plus en plus de chômeurs ici-même.
Pourquoi sommes-nous si peu généreux?
Est-ce peut-être parce que nos deux statues, elles, sont de petite taille?

7. LES MENDIANTS.
Hier, j’ai demandé à mes parents pourquoi les Roumains dans les rues
de notre quartier ont toujours vécu dans la mendicité.
“Sont-ils des gens mauvais, maman?”
Elle m’a rassuré en m’expliquant qu’ils étaient tout simplement
pauvres et malheureux, et qu’ils sont venus en France pour avoir de
quoi pour manger.
Alors, j’ai fait du porte-à-porte dans notre copropriété, et j’ai pu
ainsi obtenir assez d’argent pour pouvoir acheter deux sacs remplis de
victuailles, sacs que j’ai remis à une femme roumaine assise au coin
de la rue, en face de la banque.
Elle a regardé le sac en ricanant, puis elle m’a harangué dans un
mauvais français: “… va-t-en, sale petit raciste, putain de France!
Je n’ai pas besoin de ton aumône. Je travaille comme une chienne afin
de pouvoir m’acheter une nouvelle bicoque”.
Et elle a jeté les sacs dans le caniveau.
Elle m’a appris que je n’étais pas quelqu’un de bien. Que j’étais en
fait, un raciste dans ma putain de France, qui dérangeait dans ses
affaires.
Maintenant, dès que je vois des mendiants, je marche de l’autre côté de la rue.

8. BOLERO MODERNE.
Les statues d’anges
tremblent de peur.
Les mères-courage pleurent secrètement —
Dès avant l’ouverture de l’école,
ces belles jeunes filles se contorsionnent
dans une danse perverse …
et effrontée.
Tandis que les bombes explosent,
les 72 vierges promises
jouent à cache-cache …
Le vacarme est tel qu’il les empêche
d’entendre la moindre mélodie.

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