
Voici une sélection d’auteurs contemporains français célèbres (encore en activité ou récemment actifs), qui marquent la littérature actuelle par leur style, leur originalité ou leur succès critique et public :
Romans et fictions
- Michel Houellebecq – Figure incontournable, connu pour ses romans provocateurs (Soumission, Sérotonine).
- Amélie Nothomb – Très prolifique, auteure belge d’expression française (Stupeur et tremblements, Premier sang).
- Leïla Slimani – Prix Goncourt 2016 (Chanson douce), explorant les thèmes de la maternité, du désir, et des fractures sociales.
- Virginie Despentes – Voix féministe et rebelle (Vernon Subutex, Baise-moi).
- Laurent Gaudé – Lauréat du Prix Goncourt 2004 (Le Soleil des Scorta), connu pour ses récits lyriques.
- Marie Ndiaye – Prix Goncourt 2009 (Trois femmes puissantes).
- Yasmina Reza – Dramaturge et romancière (Art, Serge).
- Mathias Énard – Prix Goncourt 2015 (Boussole).
- David Foenkinos – Succès public (La délicatesse, adapté au cinéma).
Poésie et essai
- Sylvie Germain – Entre essai, roman et spiritualité.
- Pascal Quignard – Réflexion sur l’art, la musique et la mémoire (Les Ombres errantes).
- Annie Ernaux – Prix Nobel de littérature 2022 (Les Années), explorant l’autobiographie et la mémoire collective.
Littérature engagée et expérimentale
- Édouard Louis – Témoignages sociaux et politiques (En finir avec Eddy Bellegueule).
- Didier Eribon – Sociologue et écrivain (Retour à Reims).
- Maylis de Kerangal – Style singulier, sur des thèmes comme la médecine et le travail (Réparer les vivants).
👉 Beaucoup de ces auteurs sont traduits et reconnus à l’étranger, contribuant au rayonnement de la littérature francophone contemporaine.
Top des auteurs les plus lus en 2024
Le classement vient du palmarès Les auteurs francophones les plus vendus en France, publié par Le Figaro avec l’institut GfK. numedia.fr+3BFMTV+3Dayfr Euro+3
Voici les auteurs qui dominent :
| Rang | Auteur / Autrice | Nombre d’exemplaires vendus en 2024 |
| 1 | Mélissa Da Costa | ~ 1 162 730 Wikipedia+2BFMTV+2 |
| 2 | Guillaume Musso | ~ 1 104 096 BFMTV+1 |
| 3 | Morgane Moncomble | ~ 984 144 Dayfr Euro+1 |
| 4 | Virginie Grimaldi | ~ 946 787 Dayfr Euro |
| 5 | Joël Dicker | ~ 863 000+ Dayfr Euro |
| 6 | Franck Thilliez | ~ 689 112 Dayfr Euro |
Ces deux tiers du top montrent une forte domination d’autrices (notamment dans le roman sentimental, feel-good / “new romance”) ainsi que des auteurs de thrillers ou de littérature “grand public”. BFMTV+2Le Monde.fr+2
Pourquoi ces auteurs marchent si fort ?
Quelques éléments qui expliquent leur succès :
- Genres très populaires : la romance moderne (“new romance”), les romans feel-good, les thrillers. Morgan Moncomble par exemple est très forte dans la “new romance”. Le Monde.fr+1
- Image / marketing / réseaux sociaux : les autrices comme Sarah Rivens, Morgane Moncomble, Mélissa Da Costa bénéficient d’une forte visibilité en ligne, ce qui booste les ventes. Le Monde.fr+1
- Fidélité du lectorat : des auteurs comme Guillaume Musso ou Franck Thilliez en sont à de nombreux romans, avec une base de lecteurs fidèle, ce qui assure des ventes régulières, même sans nouveauté parfois. Dayfr Euro+2Wikipedia+2
- Effet des prix littéraires : lorsqu’un roman gagne un prix important (Goncourt, Renaudot, etc.), cela provoque souvent une forte augmentation des ventes. Le Monde.fr+2Dayfr Euro+2
Top 10 auteurs francophones les plus vendus en 2024 (romans, fiction adulte)
D’après le classement Le Figaro / institut GfK, voici les auteurs les plus vendus en France en 2024 parmi les romans de fiction adulte. Serieously+3livreshebdo.fr+3IDBOOX+3
| Rang | Auteur / Autrice | Ventes estimées (tous formats) |
| 1 | Mélissa Da Costa — ~ 1 162 730 exemplaires livreshebdo.fr+2BFMTV+2 | |
| 2 | Guillaume Musso — ~ 1 104 096 livreshebdo.fr+2IDBOOX+2 | |
| 3 | Morgane Moncomble — ~ 984 144 IDBOOX+2Serieously+2 | |
| 4 | Virginie Grimaldi — ~ 946 787 livreshebdo.fr+2IDBOOX+2 | |
| 5 | Joël Dicker — ~ 863 740 IDBOOX+2Serieously+2 | |
| 6 | Franck Thilliez — ~ 689 112 livreshebdo.fr+2IDBOOX+2 | |
| 7 | Marie-Bernadette Dupuy — ~ 540 967 livreshebdo.fr+2IDBOOX+2 | |
| 8 | Sarah Rivens — ~ 540 628 livreshebdo.fr+2IDBOOX+2 | |
| 9 | Valérie Perrin — ~ 528 292 IDBOOX+2Serieously+2 | |
| 10 | Michel Bussi — ~ 525 478 livreshebdo.fr+2IDBOOX+2 |
Observations par tranche d’âge / type de lecteur
On ne dispose pas toujours de données très précises publiques pour chaque tranche d’âge, mais on peut repérer quelques tendances :
- Les lecteurs jeunes (adolescents, 15-30 ans) sont particulièrement attirés par les genres comme la new romance, la dark romance, les romans sentimentaux très accessibles, souvent diffusés aussi via les réseaux sociaux. Ex : Morgane Moncomble, Sarah Rivens. livreshebdo.fr+2Serieously+2
- Le format poche joue un rôle fort pour les lecteurs plus larges, car il est plus abordable. Beaucoup des ventes des auteurs de ce top sont largement tirées de rééditions en poche. livreshebdo.fr+1
- Les lecteurs plus âgés, plus mûrs, ou amateurs de thriller / polar optent souvent pour des auteurs comme Franck Thilliez, Michel Bussi. Ces genres ont un public fidèle. livreshebdo.fr+1
- Il y a aussi un écart dans les types de formats : certains n’ont pas ou peu de format poche (ex : Sarah Rivens uniquement en grand format) ce qui peut limiter la diffusion à certains segments de lecteurs. livreshebdo.fr
BD & Albums
Selon les données de GfK et des études de marché :
- Le marché des bandes dessinées / albums BD a reculé en 2024 : baisse de volume (~ 9 %) et de chiffre d’affaires(~ 4 %) pour le secteur des albums. RMC
- Parmi les albums les plus vendus toutes BD confondues en 2024 :
| Rang | Titre | Auteur(s) |
| 1 | Instinct (manga) | Inoxtag, Charles Compain, Basile Monnot RMC+1 |
| 2 | Mortelle Adèle – Récréaction générale | Mr. Tan, Diane le Feyer Les Echos Etudes |
| 3 | L’Arabe du futur – Moi, Fadi, le frère volé | Riad Sattouf Les Echos Etudes |
| • | ||
- La BD pour enfants semble être l’un des segments les plus affectés, avec une forte chute des ventes en volume (~ 15 %) entre 2023 et 2024, pour ce sous-marché. Les Echos Etudes
Jeunesse (romans, albums destinés aux enfants & adolescents)
Je n’ai pas trouvé dans les sources consultées de liste récente fiable et publique qui classe les auteurs jeunesse les plus lus / vendus spécifiquement pour les moins de 20 ans en 2024, en France, avec des chiffres précis. Mais j’ai repéré quelques noms pertinents :
- Gaël Aymon : auteur prolifique de littérature jeunesse / young adult, très lu chez les adolescents. Wikipedia
- Mortelle Adèle (Mr. Tan, Diane le Feyer) figure parmi les albums BD jeunesse les plus achetés.
Edgar Morin — toujours contemporain !
Edgar Morin est l’un des penseurs français les plus influents du XXᵉ et XXIᵉ siècle, notamment en sociologie, philosophie et théorie de la complexité. Ses livres abordent des questions fondamentales sur la société, la connaissance, la condition humaine et les crises contemporaines. L’une de ses contributions majeures est la mise en avant de la pensée complexe, qu’il explore particulièrement dans son œuvre monumentale « La Méthode », publiée en plusieurs volumes à partir des années 1970. Dans ces ouvrages, Morin critique les approches analytiques fragmentées qui isolent les disciplines et plaide pour une vision globale où les phénomènes sont étudiés dans leurs interactions et leurs interdépendances.
Un autre aspect central de son œuvre est la réflexion sur l’humanité et la civilisation. Dans des livres comme « Introduction à la pensée complexe » ou « La Voie », Morin explore comment l’humanité peut faire face aux crises écologiques, politiques et sociales. Il insiste sur l’importance d’une éducation qui favorise la compréhension globale, la responsabilité et l’esprit critique. Selon lui, nos sociétés modernes risquent de perdre le sens de la complexité et de l’interdépendance, ce qui peut conduire à des crises majeures si nous ne réapprenons pas à penser de manière globale.
Morin s’intéresse également à des questions plus spécifiques sur la culture et la connaissance. Dans « La Nature de la nature humaine », il s’interroge sur la manière dont la biologie, la psychologie et la société s’entrelacent pour façonner l’homme. De même, dans « Le Paradigme perdu », il explore les limites des sciences traditionnelles et l’importance de reconstruire un paradigme capable d’intégrer le savoir scientifique, social et humain. Son style combine rigueur intellectuelle et engagement éthique, ce qui rend ses livres à la fois stimulants et profondément.
Edgar Morin est surtout connu pour ses ouvrages de sociologie, philosophie et sciences humaines, mais il a aussi écrit quelques œuvres plus narratives ou proches du roman, souvent marquées par la réflexion sur la condition humaine et la société. Voici un panorama structuré de ses principaux livres et thèmes :
1. La pensée complexe et la méthodologie scientifique
- « La Méthode » (1977‑2004, en 6 volumes)
C’est son œuvre majeure. Morin y développe la notion de pensée complexe, critique des approches fragmentées des sciences et plaide pour une vision globale des phénomènes. Chaque volume explore un aspect particulier :- La Nature de la nature – L’interaction entre science, biologie et société.
- La Vie de la vie – La vie comme processus complexe.
- La Connaissance de la connaissance – La construction du savoir.
- Les Idées – La pensée humaine et culturelle.
- L’Humanité de l’humanité – L’histoire et la société.
- Éthique – Les enjeux moraux et sociaux.
- « Introduction à la pensée complexe » (1990)
Ce livre est un condensé des idées de Morin sur la complexité et la nécessité d’unir sciences, humanités et éthique pour comprendre notre monde globalisé.
2. La société, la culture et la civilisation
- « Le Paradigme perdu » (1973)
Morin analyse les limites de la science traditionnelle et propose de reconstruire un savoir intégré, où sciences, philosophie et société se rejoignent. - « La Voie » (2011)
Réflexion sur l’avenir de l’humanité, Morin insiste sur la responsabilité collective et la nécessité d’une éducation qui favorise la compréhension globale. - « Terra Humana » (1999‑2000, en 2 volumes)
Étude de la civilisation humaine, de ses crises et de ses potentiels. Morin y développe l’idée que la compréhension de la complexité est indispensable pour surmonter les défis planétaires.
3. L’homme et la condition humaine
- « La Nature de la nature humaine » (1990)
Une réflexion sur l’interaction entre biologie, psychologie et société, et sur ce qui constitue l’humain dans sa complexité. - « Les Sept Savoirs nécessaires à l’éducation du futur » (1999)
Morin propose un guide pour repenser l’éducation à l’heure de la mondialisation et des crises écologiques et sociales.
4. Œuvres plus narratives et proches du roman
Même si Morin n’est pas romancier au sens classique, certaines de ses œuvres explorent la vie humaine de manière plus littéraire et méditative :
- « L’Homme et la mort » (1961)
Une œuvre qui mêle sociologie, philosophie et expériences de vie, abordant la mort comme une expérience humaine universelle. - « Journal de pensée » ou certains essais autobiographiques
Morin y raconte sa propre vie et ses réflexions, parfois avec un style proche de la narration, mêlant expériences personnelles et méditations sociales.
Voici un tableau détaillé des principaux livres d’Edgar Morin, classés par type, avec leur date de publication et les idées centrales :
| Titre | Année | Type | Idées centrales / Thèmes |
| La Méthode (6 volumes) | 1977‑2004 | Essai scientifique et philosophique | Développement de la pensée complexe, critique de la fragmentation des sciences, exploration de la vie, de la connaissance et de l’humanité. |
| Introduction à la pensée complexe | 1990 | Essai | Condensé des principes de la pensée complexe, importance de relier sciences, humanités et éthique. |
| Le Paradigme perdu | 1973 | Essai | Critique des limites de la science traditionnelle, nécessité d’un savoir intégré. |
| La Voie | 2011 | Essai / Réflexion sociale | Réflexion sur l’avenir de l’humanité, responsabilité collective, éducation globale. |
| Terra Humana (2 volumes) | 1999‑2000 | Essai / Sociologie | Étude des civilisations, crises sociales et écologiques, défis planétaires. |
| La Nature de la nature humaine | 1990 | Essai / Philosophie | Interaction entre biologie, psychologie et société, construction de l’humain. |
| Les Sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur | 1999 | Essai / Éducation | Guide pour repenser l’éducation face à la mondialisation et aux crises globales. |
| L’Homme et la mort | 1961 | Essai / Réflexion philosophique | Exploration de la mort comme expérience humaine universelle. |
| Journal de pensée | Divers (autobiographique) | Essai / Narratif | Réflexions personnelles, expériences de vie, méditation sur la société et la condition humaine. |
Voici un complément du tableau, incluant des œuvres moins connues ou plus narratives d’Edgar Morin, y compris celles proches du roman ou de la narration autobiographique :
| Titre | Année | Type | Idées centrales / Thèmes |
| L’Homme et la mort | 1961 | Essai / Philosophie | Réflexion sur la mort, sa signification culturelle et psychologique, exploration de l’angoisse humaine et de la finitude. |
| Autobiographie intellectuelle | 1990 | Essai / Narratif | Récit de sa vie, de ses expériences et rencontres, intégrant ses réflexions sur la société et la connaissance. |
| Mes étoiles noires | 2019 | Essai / Mémoire | Témoignage autobiographique sur la jeunesse, la guerre et l’engagement intellectuel, avec une dimension littéraire. |
| La Vie de la vie (dans La Méthode, Volume 2) | 1980 | Essai scientifique / Narratif partiel | Étude de la vie comme phénomène complexe, avec des passages très descriptifs et narratifs sur la nature et l’expérience humaine. |
| La Rumeur d’Orphée | 2004 | Essai / Littéraire | Réflexions poétiques et philosophiques sur l’art, la musique et la culture, écrites avec un style proche de la narration. |
| Autour de la complexité | 2005 | Essai / Dialogue | Ensemble d’entretiens et textes narratifs où Morin explore la complexité et ses implications dans la société contemporaine. |
| Connaissance de l’homme | 1974 | Essai / Sociologie | Réflexion sur la nature humaine, l’interaction de la culture, de la société et de la biologie, avec des passages analytiques et narratifs. |
On voit ainsi qu’Edgar Morin a toujours mêlé la rigueur intellectuelle à une forme narrative, surtout dans ses écrits autobiographiques ou philosophiques. Même lorsqu’il écrit sur la science ou la sociologie, certains passages adoptent un style proche du roman ou de la méditation, ce qui rend sa lecture à la fois instructive et profondément humaine.
Voici une synthèse chronologique et thématique de l’œuvre d’Edgar Morin, qui met en évidence l’évolution de sa pensée depuis ses premiers travaux jusqu’à ses dernières publications :
1. Les débuts : réflexion sur l’homme, la société et la mort (années 1960)
- 1961 – L’Homme et la mort
Morin explore la mort comme expérience universelle, mêlant philosophie, psychologie et culture. Dès cette époque, il montre un intérêt pour les grandes questions humaines. - Années 1960 – Premiers essais sociologiques
Ses recherches portent sur la société et les structures sociales, intégrant déjà l’idée que l’homme doit être compris dans sa complexité et son contexte.
2. L’élaboration de la pensée complexe et des sciences interdisciplinaires (années 1970‑1980)
- 1973 – Le Paradigme perdu
Morin critique les limites des sciences traditionnelles et propose un savoir intégré, annonçant ses futurs travaux sur la complexité. - 1977‑2004 – La Méthode (6 volumes)
Œuvre centrale de sa carrière. Chaque volume développe un aspect de la complexité : la nature, la vie, la connaissance, la culture, l’humanité et l’éthique. - 1980 – La Vie de la vie (Volume 2 de La Méthode)
Morin adopte un style parfois narratif pour illustrer la complexité des phénomènes biologiques et sociaux.
3. Approfondissement de la complexité et réflexion sur l’éducation et la société (années 1990)
- 1990 – Introduction à la pensée complexe
Condensé de ses idées, destiné à un public plus large. Morin insiste sur la nécessité d’une éducation globale et d’une approche intégrée du savoir. - 1990 – La Nature de la nature humaine
Exploration des interactions entre biologie, psychologie et société pour comprendre l’homme. - 1999 – Les Sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur
Morin propose des principes éducatifs pour former des citoyens capables de comprendre le monde complexe et d’agir de manière responsable. - 1999‑2000 – Terra Humana
Analyse des crises et des civilisations, avec une réflexion sur la survie de l’humanité dans un monde interdépendant.
4. Réflexions tardives et œuvres plus narratives (années 2000‑2020)
- 2004 – La Rumeur d’Orphée
Mélange de philosophie, art et poésie, avec un style narratif. - 2005 – Autour de la complexité
Entretiens et textes narratifs qui vulgarisent la pensée complexe et son impact sur la société contemporaine. - 2011 – La Voie
Réflexion sur les défis contemporains et l’avenir de l’humanité, en insistant sur la responsabilité collective et la nécessité d’une éducation globale. - 2019 – Mes étoiles noires
Témoignage autobiographique sur sa jeunesse et son engagement intellectuel, avec un style très littéraire et introspectif.
Synthèse globale
L’œuvre d’Edgar Morin peut être vue comme une progression de la réflexion sur l’homme et la société vers la construction d’une pensée complexe et intégrée :
- Les premières œuvres interrogent l’homme, la mort et la société.
- Les travaux majeurs de La Méthode construisent une vision globale et scientifique de la complexité.
- Les textes des années 1990 et 2000 appliquent cette pensée à l’éducation, la civilisation et les crises mondiales.
- Ses dernières œuvres mêlent narration, autobiographie et méditation philosophique, tout en restant profondément ancrées dans la réflexion sociologique et éthique.
Morin apparaît ainsi comme un auteur capable de passer du scientifique au philosophe, du sociologue au narrateur, tout en maintenant un fil conducteur : comprendre la complexité humaine et sociale pour mieux préparer l’avenir. (chatgpt)
Nouvelles publications : deux romans :
L’année a perdu son printemps et L’île de Luna.
J’ai écrit des critiques de ses deux romans autobiographiques ci-dessous.

Alcune riflessioni libere sul nuovo esistenzialismo ispirato da Houellebecq.
Ho letto diversi romanzi di Houellebecq, ma sia Soumission che Aneantir sono stati difficili da digerire e finire, a causa dell’argomento e della sua personalità negativa e del patriarcato maschile filo-anglosassone. “La Carte et le territoire” e i suoi primi 4-5 romanzi sono stati invece piacevoli. Ora proverò la traduzione inglese di “Aneantir”. Leggere libri in lingua originale è a volte un’esperienza più forte che leggere traduzioni. Ciò ha a che fare con le diverse personalità e passioni dell’autore rispetto al traduttore. Houellebecq è silenziosamente abrasivo.
Il movimento del Nuovo Esistenzialismo, rilanciato da Houellebecq, è stato copiato da molti autori contemporanei che mi piacciono: Ray Loriga, Paolo Giordano ecc. con effetti e successi diversi. Houellebecq è il migliore nello stile minimalista, ispirato all’esistenzialismo della Francia del dopoguerra, forse perché è un poeta e sa come sfruttare al meglio l’economia delle parole. I suoi lunghi e noiosi passaggi di flusso di coscienza sono espedienti psicologici e intenzionali espedienti letterari, e il suo uso esperto della descrizione visiva in uno sfondo costante di momenti senza eventi non è né eguagliato né superato da altri della sua generazione. Ho letto e discusso tutti i libri di Edouard Louis e li trovo ripetitivi, poco interessanti e stilisticamente scadenti. Non è una nuova icona gay, e la sua storia gay non è insolita. Non sono d’accordo nemmeno sul fatto che il socialismo sia la risposta a tutti i mali.
Paolo Giordano è un fisico ricercatore e, come Houellebecq, usa spesso la sua conoscenza e il suo amore per la scienza nei suoi scritti. Sia Giordano che Loriga hanno scritto due eccellenti romanzi nel genere (La solitudine dei numeri primi, Tasmania, e Rendicion, Cualquier verano es un final), ma questi successi sono pochi, a meno che lo scrittore non sia Houellebecq. Il romanzo di Edgar Morin, L’année a perdu son printemps, appena pubblicato, è scritto più o meno nello stesso stile.
È uno stile di scrittura affascinante, difficile da usare e leggere, senza annegare in banalità e nullità. Ho scritto alcuni commenti analitici nella mia recensione del libro “Tasmania”, su cosa ci vuole per usare con successo lo stile.
https://adam-donaldson-powell.blog/2024/07/19/il-concetto-del-libro-tasmania-di-paolo-giordano

Le phénomène Houellebecq.
Quelques réflexions libres sur le nouvel existentialisme inspiré par Houellebecq.
J’ai lu plusieurs romans de Houellebecq, mais Soumission et Aneantir ont été difficiles à digérer et à terminer, en raison du sujet traité, de sa personnalité négative et de son patriarcat masculin pro-anglo-saxon. En revanche, “La Carte et le territoire” et ses 4-5 premiers romans étaient agréables à lire. Je vais maintenant essayer la traduction anglaise d’”Aneantir”. La lecture de livres dans la langue originale est parfois une expérience plus forte que la lecture de traductions. Cela tient à la différence de personnalité et de passion entre l’auteur et le traducteur. Houellebecq est discrètement abrasif.
Le mouvement du nouvel existentialisme, ravivé par Houellebecq, a été copié par de nombreux auteurs contemporains que j’apprécie : Ray Loriga, Paolo Giordano, etc. avec des effets et des succès différents. Houellebecq est meilleur dans le style minimaliste, inspiré par l’existentialisme de la France d’après-guerre, peut-être parce qu’il est poète et qu’il sait tirer le meilleur parti de l’économie de mots. Ses longs et fastidieux passages de flux de conscience sont des procédés littéraires psychologiques et délibérés, et son utilisation experte de la description visuelle dans un arrière-plan constant de moments sans histoire n’est ni égalée ni surpassée par d’autres auteurs de sa génération. J’ai lu et discuté tous les livres d’Edouard Louis et je les trouve répétitifs, inintéressants et stylistiquement médiocres. Il n’est pas une nouvelle icône gay, et son histoire gay n’est pas inhabituelle. Je ne suis pas non plus d’accord pour dire que le socialisme est la réponse à tous les maux.
Paolo Giordano est chercheur en physique et, comme Houellebecq, il utilise souvent ses connaissances et son amour de la science dans ses écrits. Giordano et Loriga ont tous deux écrit deux excellents romans du genre (La solitude des nombres premiers, Tasmanie, et Rendicion, Cualquier verano es un final), mais ces succès sont rares, à moins que l’auteur ne soit Houellebecq. Le roman d’Edgar Morin, L’année a perdu son printemps, qui vient de paraître, est écrit à peu près dans le même style.
C’est une écriture fascinante, difficile à utiliser et à lire, sans se noyer dans la banalité et la nullité. J’ai écrit quelques commentaires analytiques dans ma critique du livre “Tasmanie” sur ce qu’il faut faire pour utiliser ce style avec succès.


Un véritable tour de force !
Ouah ! Cette fois-ci, Michel Houellebecq a vraiment livré la marchandise. Bien que le livre soit très long, ses talents de conteur m’ont tenu en haleine tout au long de l’ouvrage. À mon avis, il s’agit peut-être de sa plus grande réussite en tant que romancier. Ici, le traité dystopique classique de Houellebecq a mûri pour devenir une histoire d’humanité pleine de compassion. J’ai lu la version française originale et l’excellente traduction anglaise.
— Adam Donaldson Powell

Review of Michel Houellebecq’s: Serontonin.
«Moderation is best …»

The book once again explores Houellebecq’s addictions to alcohol, sex, drugs, tobacco, xenophobia, misogyny, homophobia and «assholism» as literary topics.
Free association is one of Houellebecq’s stream of consciousness writing style trademarks. Sometimes it is used rather indiscriminately and « too much, too frequently ». While I understand that self-analysis, drug and alcohol abuse, and writing about relationships invites such deep dives, here I was lulled to sleep several times. He is an excellent writer and he plans and researches his books extensively. This leads me to believe that these immersions into the depths of mundane nothingness (annihilation by submission) are both planned and a way of avoiding ownership of emotions and feelings (through dialogue and active drama). Repetition and overuse of this particular aspect in his subjective writing style begs critical analysis, especially when writing is so often self-biographical to a large degree.
Is this a good book? Yes, it is well-written, but it is more of the same itch that cannot be properly scratched when describing interpersonal relationships and feelings beyond actual sexual acts and fantasies. This cowardice is perhaps yet another « addiction » for which he has no solution. Moderation is sometimes best … (I’m just sayin’). In my opinion Michel Houellebecq might benefit from reading (or re-reading) « Local Anaesthetic » (German: Örtlich betäubt) by the German writer Günter Grass.
EPITAPH.
Situated on a hill overlooking
The ruined temple at Delos
Lay a mound of earth covered
With herbs and wildflowers.
Anonymity and olive trees
Shield the unmarked grave
From further disturbance
By inquiry over time.
From the beach below one
Can sometimes visualize
The crescent moon posing
As luminous horns of consecration
Hovering above the burial site —
A symbol of both the old religion
And infinity.
And reflected in the perfect
Scheme of constellations is
The haunting warning of an
Ingenious soul that will
Never rest:
“Ariston metron”
(moderation is best) …
— Adam Donaldson Powell


L’île de Luna : revue de livre.
Ce livre — court, et presque poétique — est une longue plongée dans les profondeurs d’un souvenir d’enfance obsédant. Le récit introspectif, un peu trop descriptif, écrit dans le style du flux de conscience, rappelle l’existentialisme et l’humanisme de l’après-guerre. Bien que l’histoire soit courte et se concentre sur la psychologie immédiate de la gestion de la perte à travers les yeux d’un enfant, le récit n’est en aucun cas infantile, mais est peut-être plutôt universel et constitue un rite de passage de l’enfance aux réalités de l’âge adulte. Il illustre la naissance de la perspective philosophique de l’auteur et son approche de la compréhension de la vie et du monde dans lequel nous vivons. Il n’est pas facile de deviner quelles parties de l’histoire sont non autobiographiques et non fictives, mais l’auteur réussit si bien à attirer le lecteur dans l’histoire que l’on s’y abandonne rapidement et avec une totale acceptation. Le livre mérite une seconde lecture car il y a beaucoup à digérer à de nombreux niveaux.

Revue : L’année a perdu son printemps, par Edgar Morin, 384 pages, 2024.
La fabrique d’Edgar Morin, philosophe extraordinaire.
Ce “premier roman” est clairement le produit d’un processus de plusieurs décennies, car Monsieur Morin gère si bien la narration – de ces moments forts de sa vie – que les mots et les images dansent facilement sur les pages et dans l’inconscient philosophique, sans littéraire trébuchant.
Il a d’ailleurs eu tout le temps d’écrire cette œuvre, qu’il a finalement publiée à l’âge de 103 ans.
Le roman est en fait une autobiographie romancée, dans laquelle il ignore admirablement et intelligemment la classique couverture année par année (comme « l’approche Boswellienne »), et invite le lecteur à se joindre à lui pour reconstituer les événements de vie les plus significatifs qui ont été essentiels à sa formation personnelle et intellectuelle. La vie est – à bien des égards – un film et un puzzle, où même les pièces qui, au premier abord, peuvent sembler hors de propos, s’avèrent finalement naturelles dans une perspective plus large. Les événements de la vie ne sont pas nécessairement linéaires et en deux dimensions, et il est “permis” et normal d’avoir plus d’une pensée en même temps. Ici, Morin modernise le concept de la biographie en s’éloignant de la structure boswellienne donc “chaque barreau de l’échelle est vital”, et en se concentrant sur “les choses bonnes et significatives – qui définissent qui est une personne … et pourquoi”. Cette “autobiographie” est donc construite et écrite d’une manière qui s’apparente davantage à un portrait cinématographique qu’à un profil Wikipédia académique. Les lignes floues entre la vérité et la fiction imitent ” la littérature qui imite la vie qui imite la philosophie d’être et de pas être “. Après tout, il ne peut y avoir de vérité absolue lorsque la réalité et la sous-réalité sont tellement imbriquées dans chacune de nos pensées, de nos paroles et de nos actions.
M. Morin commence son récit par une version plus courte relatant son expérience de la perte de sa mère en bas âge (racontée sur 180 pages dans ” L’île de Luna ” (2017)). Cet événement a été le début de son mouvement vers le monde parfois maladroit de la conscience et du comportement adulte. Et au fil des années et les pages, le lecteur assiste non seulement à l’évolution de l’auteur, mais aussi à celle de sa personnalité. Et avec Edgar Morin, nous pouvons rejoindre Albert Mercier (le protagoniste) dans le rire, la tristesse et la douleur.
— Adam Donaldson Powell

Je suis un minimaliste, que ce soit dans ma prose, ma poésie ou mes essais. Cependant, ce à quoi je fais référence ici, c’est le minimalisme sous stéroïdes (ou comme je l’ai dit : Houellebecq sous antidépresseurs). La décoration excessive et la masturbation des mots sont définitivement démodées et en décalage avec la société rapide et directe d’aujourd’hui ; mais l’autofiction, dans le cas des romans de Louis, est dépourvue de toute description de la personnalité des personnages. Il s’agit plus d’un exercice journalistique avec un aperçu squelettique des événements que d’un roman qui invite le lecteur à vivre et à se mettre dans la situation.
Il faut savoir ce que l’on fait quand on réduit les images au minimum requis. Cela vaut pour toutes les formes d’art (littérature, arts visuels, danse, musique, théâtre, cinéma, etc.) Ce que je reproche aux romans de Louis, c’est qu’ils ne sont pas des romans mais des “notes de programme”.
– l’autofiction n’est pas un genre ; il s’agit soit de mémoires, soit de fiction
– le minimalisme dans l’écriture ne signifie pas que le lecteur ne doit pas connaître vos sentiments ou ceux de vos personnages/protagonistes
– une histoire ennuyeuse de “coming out gay” est tout simplement ennuyeuse.
– l’auteur aurait pu utiliser un certain nombre de techniques littéraires pour créer un lien avec le lecteur : épistolaire, passages dialogués… ou même se parler à lui-même
– il y a un fort courant de haine de soi, mais l’auteur lui-même ne le reconnaît pas pour ce qu’il est. S’il l’avait reconnue, les livres auraient été agrémentés de lutte et de pathos.
– Écrire dans ce style nu exige beaucoup de compétences personnelles et littéraires ; et c’est beaucoup plus difficile que l’écriture maximaliste.
Je ne ressens rien pour l’auteur – ni pour aucun des autres personnages de ces livres, car la personnalité ne se définit pas par un compte rendu sec de ce qui a été dit ou fait – mais par l’interaction avec des parties de soi, avec son environnement immédiat ou avec des systèmes de contrôle perçus. Louis n’offre aucune résistance. Son écriture est frustrante à lire après 200 pages de la même chose… c’est aussi frustrant que de frapper un oreiller – il n’y a pas de résistance. Même la lecture de “L’être et le néant” de Sartre était plus édifiante et logique … tout est plat.
— Adam Donaldson Powell

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